Tribune “Les jeunes en tête de la marche pour l’égalité des droits” par Gilles Bon-Maury

Posté le 3 janvier 2012
Catégorie : Opinion et analyses électorales, Notes et analyses |

gbm-141-2.jpg Tribune de Gilles Bon-Maury,  Président d’HES (Homosexualités et Socialisme), Chargé des questions LGBT dans l’équipe de campagne de François Hollande

(crédits photo - Thomas Doussau)

Voilà déjà dix ans, à gauche, que les jeunes se sont engagés en faveur de l’égalité des droits entre tous les couples, qu’ils soient homosexuels ou hétérosexuels. C’est en 2001, tout juste deux ans après le vote du pacs,  que le mouvement des jeunes socialistes a inscrit dans ses revendications l’ouverture du mariage et la reconnaissance de l’homoparentalité.  À cette époque, l’explosion de haine homophobe que le débat parlementaire avait suscitée était encore dans toutes les mémoires. Depuis, il y a eu assez de dérapages, d’insultes et de crimes pour entretenir la colère et la détermination des militants.

Les jeunes n’ont pas cessé d’être les premiers dans ce combat pour l’égalité des droits et contre l’ordre moral. En 2002, préparant leur projet pour l’élection présidentielle, leurs aînés ne les ont pas suivis. Ils ont attendu les exemples canadiens et espagnols, et la démonstration de Noël Mamère à Bègles, pour les rejoindre sur cet engagement, en 2004.

En matière de lutte contre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie, c’est d’abord la vie des jeunes qui est en jeu. La sur-suicidalité des jeunes LGBT a été plusieurs fois démontrée. C’est sur eux que pèsent d’abord les violences et les discriminations, à la maison, à l’école ou dans la rue. Ces violences et ces discriminations les exposent aux prises de risques. Cette génération, née après le sida, n’a pas connu le sexe avant les trithérapies, mais elle n’est pas à l’abri : le nombre de découvertes de séropositivité continue à augmenter chez les jeunes de moins de 25 ans.

Notre société bouscule les conservatismes en permettant à chacun d’exercer ses libertés sexuelles et en distinguant entre la biologie, le sexe et la famille. Cette distinction est pour beaucoup dans ce qui fait que les jeunes n’auront pas la même vie que la génération qui domine en politique aujourd’hui. Les jeunes et les moins jeunes n’appréhendent pas la question avec la même ouverture. Les trois quarts des Français nés après 1960 sont favorables à l’ouverture du mariage à tous les couples, alors que plus de la moitié des Français nés avant 1960 y est opposée.

C’est dire si la voix des jeunes est nécessaire pour qu’avance la cause de la liberté des mœurs et de l’égalité des droits. C’est dire aussi l’importance de retrouver toutes les générations au Parlement. On se souvient que la députée socialiste Carmen Monton avait 29 ans lorsqu’elle a défendu l’égalité devant le mariage, une des lois les plus symboliques du mandat de Zapatero.

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