La Forge en débat : comment mesurer le pouvoir d’achat ?

Posté le 1 octobre 2008
Catégorie : Alerte politique gouvernementale, Etat providence et régulations publiques, Inégalités sociales |

Alors que la question du pouvoir d’achat est centrale pour une majorité de français, le professeur d’économie Philippe Moati, que nous avions reçu en janvier dernier, a rédigé avec Robert Rochefort, directeur du CREDOC, un rapport sur la problématique de la mesure effective de ce pouvoir d’achat, pour le conseil d’analyse économique. La Forge ouvre le débat sur le pouvoir d’achat. Plusieurs contributions seront publiées dans les semaines à venir. Voici l’introduction de ce rapport au CAE “Mesurer le pouvoir d’achat”.

Depuis plusieurs années, le pouvoir d’achat est un thème de préoccupation majeure. Il figurait parmi les trois premières priorités économiques et sociales des Français dans tous les sondages réalisés à l’occasion de l’élection présidentielle (l’ordre pouvant varier selon les instituts). En tout état de cause, en mars 2007, trois répondants sur quatre déclaraient que les mesures en faveur du pouvoir d’achat seraient un élément déterminant pour eux lors de cette élection(sondage IFOP pour LSA). Cet appétit de pouvoir d’achat est également visible dans la manière dont les Français hiérarchisent aujourd’hui temps libre et revenu disponible.
En 2007, 25 % seulement des actifs préfèrent davantage de temps libre alors que 75 % souhaitent au contraire une amélioration de leur pouvoir d’achat. L’écart entre les deux choix ne cesse de s’accroître depuis sept ans en faveur du pouvoir d’achat. Il atteint même son maximum depuis près de vingt-cinq ans. L’accélération au cours des deux dernières années confirme la priorité que nos concitoyens donnent à cette préoccupation. Avant le passage aux 35 heures, la préférence était plus élevée pour davantage de temps libre.

Dans ces enquêtes, les personnes qui souhaitent le plus arbitrer pour le revenu au détriment du temps libre sont les jeunes et les catégories populaires, et, d’une façon générale, tous ceux qui déclarent par ailleurs se restreindre sur tous les postes de consommation (le logement venant en tête).

1. Un pouvoir d’achat en croissance…

Les statistiques officielles sur le pouvoir d’achat sont issues de la comptabilité nationale. Elles montrent une progression continue malgré un fort ralentissement de cet indicateur au fil du temps, progression qui entre en dissonance avec l’importance du pouvoir d’achat dans les préoccupations des Français.
Au cours des décennies passées, il y a eu deux phases bien distinctes :
• de 1960 à 1974, le pouvoir d’achat a augmenté au rythme moyen très élevé de 5,7 % par an ;
• depuis le premier choc pétrolier, la hausse annuelle moyenne est de 2,1 % par an. Par tête, le pouvoir d’achat a été multiplié par deux de 1950 à 1968, puis il a doublé à nouveau de 1968 à 2000.

Sur la période plus récente, on distingue deux moments contrastés :
• de 1998 à 2002, la progression est forte avec un taux annuel de 3,4 % ;
• à l’inverse, nous sommes depuis au taux moyen de 1,9 % par le double effet d’une décélération des revenus d’activité et d’un surcroît d’inflation (aux alentours de 2 %, ce qui reste raisonnable).

La croissance du pouvoir d’achat a donc connu un ralentissement sensible par rapport à la tendance de long et de moyen terme. Mais le ralentissement de la croissance ne signifie pas recul. Entre 2002 et 2006, le pouvoir d’achat du revenu disponible des ménages s’est accru en cumulé de 6,7 %. Visiblement, cet accroissement n’a pas suffi à contenter les ménages. (…)
Pour lire la suite, télécharger ici l’introduction du rapport

Télécharger ici l’intégralité du rapport au CAE

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